le 22 mars 2017

Souvent confondu avec d’autres maux psychologiques comme la dépression, le burn-out est défini par une récente mission d’information parlementaire comme « l’ensemble des troubles psychiques que subissent les travailleurs confrontés à un environnement professionnel délétère ». Touchant le plus souvent des individus très investis dans leur travail, le burn-out est une pathologie liée au stress professionnel, avec une dimension de surengagement des salariés. Pourquoi progresse-t-il en France ? Que peut faire l’entreprise pour prévenir le burn-out, et avec quel bénéfice ?

Un phénomène réel et désormais perçu comme tel

Depuis une quinzaine d’années, des textes de loi témoignent de la préoccupation de plus en plus grande du législateur vis-à-vis des risques pyschosociaux en entreprise :

– Loi de modernisation sociale de 2002

– Loi relative au dialogue social et à l’emploi de 2015.

– Accord national interprofessionnel sur le stress en 2008, permettant de reconnaitre la possible responsabilité de l’employeur dans les maux d’ordre psychologique.

– Décret du 7 juin 2016, qui a rendu possible le recours à un médecin psychiatre pour faciliter la reconnaissance d’une affection psychique en maladie professionnelle.

Enfin, une mission parlementaire a proposé, le 15 février, 27 mesures pour reconnaitre et «mieux cerner la réalité» du burn-out dans un rapport au titre éloquent : « L’épuisement professionnel ou burn-out, une réalité en manque de reconnaissance ». Si ces recommandations aboutissent, le « syndrome d’épuisement professionnel » rejoindra le tableau officiel des maladies professionnelles à la 99e place… après la sciatique !

À présent, posons-nous la question. Est-on obligé d’attendre cette hypothétique reconnaissance pour agir ? Faut-il vraiment une obligation légale aux employeurs pour entrer dans une vraie logique de prévention des RPS (risques psychosociaux) et du burn-out, alors qu’ils ont tout à gagner à le faire dès maintenant ?

Mais d’où vient cette explosion des burn-out ?

Prévenir le burn-out, c’est d’abord se demander pourquoi ce syndrome progresse, ce qui revient à poser la question suivante : pourquoi l’entreprise d’aujourd’hui serait-elle plus stressante que celle d’hier ? Si plusieurs éléments comme le chômage et la peur de perdre son emploi expliquent ce fait, l’une des causes majeures est, paradoxalement, l’accélération brutale des progrès technologiques. Certes, ces derniers ont éliminé les tâches les plus pénibles, les plus répétitives. Mais la digitalisation de l’entreprise amène à repenser structurellement les organisations, les façons de travailler, le rapport au travail lui-même. Un bouleversement qui ne va pas sans dommages collatéraux :

– la porosité vie personnelle / vie professionnelle

Le phénomène de l’hyperconnexion, dont s’est emparé le législateur, en est la preuve : le numérique a favorisé l’effacement de la frontière entre vie personnelle et professionnelle. Répondre à des emails le soir, préparer une note et l’adresser à son supérieur à minuit en vue d’une réunion le lendemain, c’est faire entrer le travail dans la sphère privée. Une boite de Pandore a été ouverte, qui n’est pas près de se refermer au vu de l’expansion du télétravail et du nomadisme.

– l’adaptabilité subie

Un environnement en constante mutation oblige les entreprises, désormais en quête permanente d’agilité, à des changements fréquents d’organisation, de processus, d’outils, à des redéploiements d’effectifs. Il en résulte chez de nombreux salariés, contraints de s’adapter sous peine d’être écartés ou licenciés, de l’anxiété, une perte des repères, une remise en question de leurs compétences, l’impression d’être « dépassés ».

– l’intensification du travail

Les technologies ont permis de travailler plus efficacement et plus vite, mais ce bénéfice en est-il un pour le salarié si, sous prétexte d’outils plus performants, les tâches se multiplient à outrance ? Nombre de statistiques, études, témoignages de médecins du travail et de syndicalistes s’accordent sur ce point : le travail se densifie, les cadences s’accélèrent, les plages de « respiration » tendent à disparaitre. L’email, mode de communication roi, permet aux managers de multiplier commodément les demandes. L’accumulation de celles-ci dans leur boite de réception pousse les salariés à travailler « au fil de l’eau », sur plusieurs sujets à la fois, en parant en permanence au plus pressé. Le sentiment de fierté du travail soigné, fait dans les règles de l’art, disparait.

Ces divers éléments participent tous d’un facteur de burn-out majeur : le sentiment d’insécurité psychologique.

Développer la QVT, la meilleure prévention du burn-out

Sans sécurité psychologique, pas de salarié heureux ! Restaurer cette sécurité psychologique apparaît comme l’une des conditions sine qua non pour prévenir les risques psycho-sociaux dont le burn-out est l’expression ultime. Beaucoup plus que l’installation d’un baby-foot ou de plantes vertes dans les locaux, la création d’un climat psychologiquement sain pour les salariés passe par la mise en place d’une politique de QVT sérieuse et efficace.

Dirigeants et DRH doivent en prendre conscience : l’organisation du travail et le management sont des sujets centraux de toute politique de QVT visant un bénéfice pérenne. Libérer la parole des salariés, dans ces domaines comme dans tous les autres, est essentiel. Dès lors, il est important de s’appuyer sur une solution permettant de mesurer anonymement la QVT perçue, salarié par salarié, mais également à même d’actualiser régulièrement cette mesure. L’accompagnement de la démarche, clé du succès de celle-ci, fera l’objet d’un article spécifique.

 

Mettre en place une vraie politique de QVT, impliquant l’ensemble de l’entreprise, est à ce jour le meilleur et le seul moyen de prévenir le burn-out et d’autres risques psychosociaux. D’autant que traiter les conséquences de l’épuisement professionnel ne rend en rien le travail plus attractif et productif. Il est donc impératif d’engager une véritable démarche de qualité de vie au travail qui accroit la performance des salariés, les engage, les fidélise… et diminue spectaculairement l’absentéisme.

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