le 15 juin 2017

Recommandations de la Haute Autorité de la Santé sur le burn-out, réunions envahissantes dans les entreprises françaises, simplification annoncée du Compte pénibilité, tels sont les grands thèmes de votre nouvelle revue de presse et du web QVT.

Burn-out : les recommandations critiquées de la Haute Autorité de la Santé

Autorité publique indépendante, la HAS a une mission de régulation du système de santé par la qualité. Dans un communiqué en date du 22 mai, elle a livré ses recommandations sur le burn-out et sa prise en charge.

Le quotidien La Croix (22 mai) se fait l’écho de celles-ci. Le rédacteur souligne que « le burn-out n’est pas une maladie en tant que telle », et qu’il s’agit d’un « syndrome complexe et aux manifestations diverses ».

Sur son site Internet, Les Echos (22 mai) juge que « les préconisations de la HAS sont frappées au coin du bon sens », notamment quand elle affirme « que l’analyse du poste et des conditions de travail est indispensable, et que le médecin traitant doit parler avec le médecin du travail ».

Le Journal International de Médecine, ou JIM (1er juin), se montre quant à lui sévère à l’égard de la HAS. Sous le titre « Burn-out : la HAS sait-elle de quoi elle parle ? », le rédacteur cite le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI, CFE-CGC), selon lequel « la HAS vient de sortir une analyse du burn-out remarquable par sa méconnaissance du problème ».

L’article pointe le fait que le burn-out soit un syndrome et que certains facteurs personnels puissent influer sur son apparition ne sont en rien, contrairement à ce qu’affirme la HAS, des freins à sa reconnaissance comme maladie professionnelle. De fait, « la première maladie inscrite au tableau (des maladies professionnelles) est un syndrome : anémie, colique au plomb, pathologies neurologiques et maladies rénale ».

Sur le site de Ressources Solidaires (2 juin), la CFE CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres) fait exactement la même analyse. Elle relève aussi que « le gouvernement belge a inscrit le burn-out dans son code du travail ».

Organisation du travail : réunionite et QVT font-ils bon ménage ?

La presse et le web se sont fait l’écho, début juin, d’une étude conduite en avril par OpinionWay sur l’abus des réunions dans les entreprises françaises.

« Travail : la réunionite aiguë épinglée » : c’est sous ce titre que le Figaro (6 juin) résume la question. « Les salariés passent en moyenne trois semaines par an en réunion, plus du double pour les cadres, mais ces réunions, très nombreuses, sont loin d’être toujours productives », attaque d’emblée le quotidien qui pointe aussi le « faible niveau d’autonomie » dont bénéficient les cadres « pour agir sur leur charge de travail ».

Le Huffington Post (6 juin) centre son article sur le manque de productivité, insistant sur le fait qu’ « à peine plus de la moitié (52 %) de ces réunions sont considérées comme productives » selon ceux qui y participent, lesquels sont 75 % à déclarer « ne pas avoir la possibilité de décliner l’invitation et de ne pas y participer ».

Pour le journaliste traitant le sujet sur le site de LCI (6 juin), le problème serait bien connu de tous les salariés français : « Non, ne baissez pas les yeux, tout le monde a déjà vu cette invitation à une réunion apparaître dans sa boîte mail. (…) Il est possible que vous vous soyez déjà demandé ce que vous faisiez là, entre deux collègues, attablés devant vos ordinateurs portables ». Et l’article de souligner que, d’après les salariés interrogés pour l’étude, « seule 1 réunion sur 4 aboutit la plupart du temps à une prise de décision ».

L’organisation du travail a un impact extrêmement fort sur la QVT des salariés. Si la « réunionite » dans les entreprises françaises est synonyme de baisse de productivité, mais aussi de désengagement, peut-être le management devrait-il agir… sans pour autant programmer trois réunions pour le faire !

Quel avenir pour le Compte pénibilité ?

Le 30 mai dernier, le Édouard Philippe a promis une simplification du Compte pénibilité pour « la fin de l’année ». Le Premier ministre a néanmoins promis qu’il ne s’agissait pas de remettre en question le principe de cette mesure, mais plutôt de résoudre la difficulté liée à l’impossible évaluation « heure par heure » de la pénibilité.

Ainsi que l’indique BFM TV sur son site (1er juin), « les salariés qui ont déjà acquis des points leur permettant de partir plus tôt à la retraite ou de bénéficier de formations, conservent leurs droits. » L’article souligne que le « moratoire sur le compte pénibilité » évoqué par Benoit Hamon sur BFM TV n’aura donc pas lieu.

« Que veulent les syndicats ? » interroge pour sa part le Journal du Dimanche (1er juin). Le quotidien relève que « la CFDT et FO ont [eux] aussi reconnu la difficulté du processus pour les TPE et PME » et cite Hervé Garnier de la CFDT, joint par le Journal du Dimanche pour l’article : “Il faut relancer des discussions avec des experts pour qu’ils expliquent précisément comment comptabiliser tous ces critères. Nous ne sommes pas dogmatiques, il est essentiel de tous se remettre autour de la table.”

Il est vrai que les critères d’évaluation peuvent être un facteur bloquant de la mesure. Il est rappelé dans un article bien documenté sur FranceTVinfo (31 mai) que « dans les PME et ETI, seule une quinzaine de branches professionnelles sur 700 a mis en place un barème de pénibilité ».

Les Echos (31 mai) livrent une bonne synthèse de la problématique : « le patronat jouait jusque-là la montre », mais « les salariés devraient tout de même engranger des points pour l’année 2017 au titre de ces six facteurs. Sur quels critères ? Avec quelle mesure ? C’est toute la question ». Les deux parties ont « jusqu’à la fin de l’année pour trouver un compromis ».

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