le 14 avril 2015

Pour la deuxième année consécutive, le cabinet français Davidson consulting est en tête de Great Place to Work France, le classement des entreprises où il fait bon travailler dans l’hexagone. Son secret ? Le Da Vidson Code, pierre angulaire de la philosophie du cabinet. Bertrand Bailly, fondateur et Président de Davidson consulting, a accepté de nous en révéler quelques passages.

Davidson consulting : un cabinet à contre-courant

« Repositionner l’individu au centre de l’entreprise, dans une ambiance de travail saine, dynamique et fun ! », tel est le pari que s’est lancé Davidson consulting. Un objectif étonnant pour un cabinet de conseil ? « Dans le monde du conseil, on fait le contraire. Les clients, les contrats et la rentabilité arrivent loin devant l’individu », commente Bertrand Bailly, qui a fait ses armes chez Alcatel et SIVAN consulting. Paradoxalement, c’est en tant que manager qu’il a le plus souffert du manque de reconnaissance du capital humain. « Je ne pouvais plus me regarder dans la glace, la barrière entre le mensonge et la vérité était souvent franchie. La manipulation était facile, les consultants ne comptaient pas ».

C’est pourquoi en 2005, il décide avec Edouard Mandelkern, de fonder son propre cabinet, Davidson consulting. Pour favoriser la satisfaction des collaborateurs, Bertrand Bailly déclare travailler sur deux axes : la structure organisationnelle et la « symétrie des attentions ».

Le leadership horizontal

Le modèle de Davidson repose sur l’entreprise horizontale. « L’idée, c’est d’avoir une entreprise à l’opposé des organisations pyramidales, qui ne grossit pas seulement en s’élevant, mais aussi en s’élargissant », argue Bertrand Bailly. Les initiatives émanent des dirigeants comme des collaborateurs. « Lorsqu’une idée vient de la direction, on s’assure qu’elle plaît », raconte Bertrand Bailly. Seuls deux échelons hiérarchiques séparent les consultants du top management. « Moi-même je n’ai pas de secrétaire, mon numéro de portable est dans ma signature et ma porte reste le plus souvent ouverte », témoigne le Président.

Des salariés réunis autour d’un projet commun

La « symétrie des attentions » revendiquée par Bertrand Bailly au sein de l’entreprise découle d’une conviction personnelle. A ses yeux, « l’entreprise n’est pas un moyen d’enrichissement personnel, mais un outil de travail collectif ». Davidson consulting tente de faire bénéficier ses salariés de la richesse produite en leur proposant des avantages « gadget » comme une salle de sieste, un babyfoot, et des projets « beaucoup plus aboutis » comme la création d’un campus.

Inauguré en 2014 à Clamart dans les Hauts-de-Seine, le campus de Davidson est composé de deux maisons pour neuf personnes avec un grand jardin, soit une surface totale de 230m². Les loyers sont inférieurs de 25 % à ceux du marché et les colocataires peuvent y rester un an. Ainsi, « pendant la première année chez Davidson, les collaborateurs n’ont pas à chercher de logement ». Un sacré avantage qui a coûté au cabinet environ 1,2 millions d’euros en 2014.

Bertrand Bailly en est convaincu, s’il a autant de marges de manœuvre pour favoriser le bien-être de ses salariés, c’est parce que sa société n’est pas cotée en bourse et qu’elle ne dépend pas d’actionnaires. « Nous avons fait le choix de ralentir notre croissance et de ne pas faire appel à des fonds extérieurs, mais cela nous donne le luxe de ne pas avoir trop de pression sur nos résultats ».

C’est aussi ce qui explique pourquoi le modèle Davidsonien est difficilement imitable : « Nous vivons dans un monde ultra capitaliste qui rémunère le capital, et non l’humain. Un projet sans retour sur investissement comme la création du campus, aucun actionnaire n’en aurait voulu », assure le Président.

Bertrand Bailly est catégorique : aucun lien démontré n’existe entre le bien-être des employés et la rentabilité. « Ce n’est pas parce que mes salariés sont plus heureux que mes clients vont me payer plus ! », observe-t-il. En revanche, l’image de marque positive que véhicule Davidson l’a aidé à attirer de nouveaux clients, et de fait, à développer son chiffre d’affaires.

De la transparence pour plus d’ambiance

Si les « Davidsoniens » travaillent avec le sourire, ils s’amusent également en dehors du bureau. Le Da Vidson Code rappelle ainsi les nombreuses activités sportives qui ont réuni les collaborateurs comme le ski, le VTT et le curling.

Cette proximité entre employés n’empêche pas les managers d’évaluer leurs collaborateurs. « Chez Davidson, nous avons fait un gros travail pour objectiver le bilan annuel », insiste Bertrand Bailly. L’évaluation de chaque collaborateur repose sur une dizaine de critères. Par exemple, le « Davidsonien » est évalué sur sa « participation à la communauté », sur le nombre de fois où il est actif sur le forum, où il poste un article, où il souhaite la bienvenue aux nouveaux employés, etc. « Cela ressemble peut-être à une dictature mais la communauté n’existe que si on y participe », souligne Bertand Bailly. Pour éviter toute surprise, les axes d’évaluation sont connus des salariés. Cette transparence garantit ainsi la bonne ambiance du cabinet. « Je peux faire le bilan annuel d’un consultant et partir skier avec lui dans la foulée », se réjouit le Président.

Le smile au travail

Les consultants ont l’obligation de partager leur humeur du mois en postant un smiley sur l’extranet de l’entreprise. Ils répondent à deux questions, l’une sur leur niveau de bien-être, et l’autre sur leur charge de travail. Les smileys sont ensuite envoyés aux managers qui doivent appeler le consultant mécontent pour améliorer son sort.

Les directeurs de filiales vérifient que c’est chose faite. Ils reçoivent régulièrement la liste des salariés insatisfaits et identifient ceux qui se disent malheureux depuis plus d’un mois. Ils échangent ensuite avec le manager concerné pour comprendre pourquoi ce malaise dure et résoudre cette situation.

Bertrand Bailly constate que, bien souvent, les managers sont testés : « Une fois sur deux, les consultants ont choisi des smileys mécontents uniquement pour vérifier qu’on les appelle. Ils nous répondent alors que « tout va bien, mais que ça fait plaisir qu’on se soit inquiété ». »

Dernier cheval de bataille de Davidson : le cadre de travail. Le cabinet rénove actuellement ses locaux, avec l’idée de les rendre « un peu comme à la maison ». Un projet top secret, prévu pour l’été 2015.

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