le 10 février 2017

Certains l’appellent « déprime hivernale », d’autres parlent de « blues de l’hiver ». Le trouble affectif saisonnier est le nom de cette affection psychologique fréquente qui peut vous atteindre dans la période où vous arrivez au bureau à la nuit et en repartez… à la nuit. Pour éviter que les journées de travail hivernales ne soient perçues comme des punitions par les salariés, voici quelques pistes pouvant facilement s’inscrire dans la démarche QVT de toute entreprise.

Rechercher la lumière 

Le trouble affectif saisonnier désigne une forme de dépression liée au manque de lumière naturelle. Concrètement, il s’agit d’un dérèglement de l’horloge biologique principale dû au fait :

– que le jour se lève de plus en plus tard,

– que la luminosité au cours de la journée est moins intense.

La baisse d’exposition à la lumière perturbe chez certaines personnes la sécrétion de la mélatonine, cette hormone du sommeil qui régule les cycles éveil/sommeil et influence notre humeur.

Les médecins parlent de dépression saisonnière lorsqu’il y a récurrence du trouble et que celui-ci intervient au même moment, en automne ou en hiver, pendant au moins 2 années consécutives.

Si les symptômes peuvent être multiples, les plus fréquents sont la sensation d’abattement, les idées noires, l’impression de ne pouvoir venir à bout de difficultés pourtant habituelles dans le travail, le manque d’énergie, l’envie de dormir, une sensibilité plus grande au froid et une attirance accrue pour les graisses et les sucres.

Les personnes dotées d’une horloge biologique plus sensible que d’autres se voient souvent prescrire des séances de luminothérapie. Le principe de cette technique est de s’appuyer sur une lumière artificielle, destinée à compenser et remplacer les effets sur le cerveau (la sécrétion de mélatonine citée plus haut) du soleil naturel. Les séances journalières, en général d’une demi-heure, consistent à placer une lampe spéciale générant une luminosité de 10 000 lux à proximité du visage de l’intéressé(e).

Aménagement des horaires… et des bureaux

Si les résultats sont souvent jugés probants, il existe cependant d’autres moyens simples d’accroître la durée quotidienne d’exposition à la lumière. L’aménagement des horaires de travail en est un. Il peut s’opérer de deux façons :

– si l’organisation le permet, laisser la possibilité aux salariés le demandant d’arriver au bureau et d’en repartir plus tôt durant une certaine période,

– ménager un temps de pause plus long le midi, afin de permettre aux salariés de marcher une trentaine de minutes à l’extérieur au moment le plus clair de la journée.

Si la qualité des bureaux se mesure en fonction de nombreux critères : sécurité des locaux, qualité de l’air, niveau de pollution sonore, disposition du mobilier, choix des couleurs, possibilité de personnalisation… la luminosité est l’un des éléments les plus importants pour la QVT des utilisateurs, qui dépasse le seul cadre de la dépression saisonnière. Déjà objet d’un encadrement juridique rigoureux, l’éclairage doit faire l’objet d’une attention particulière. Quels que soient les dispositifs d’éclairage retenus, ils doivent en tous les cas :

– donner la priorité à l’éclairage naturel,

– assurer un niveau d’éclairage suffisant et adapté à l’activité des salariés,

– éviter l’éblouissement et les rayons gênants.

Par ailleurs, au-delà de la question de l’éclairage, il est aujourd’hui admis que l’aménagement des bureaux joue un rôle décisif dans le bien-être au travail, la santé, l’humeur et l’engagement des salariés. Une bonne raison pour se saisir sérieusement du sujet !

Le rôle du management

Aider une personne à lutter contre une baisse de moral, qu’elle soit saisonnière ou non, fait partie des missions d’un management moderne. Or, chacun le sait, un compliment sur un travail bien accompli peut faire toute la différence dans la journée d’un salarié atteint de blues… La raison en est simple, elle tient à la stimulation d’une autre hormone, la dopamine. Parfois surnommée hormone du bonheur, la dopamine est un neurotransmetteur qui gère le niveau de « récompense » de notre cerveau. Dans le cadre professionnel comme dans la sphère privée, une gratification, la satisfaction d’avoir atteint un but que l’on s’est fixé, provoquent une montée de dopamine qui laisse un sentiment de bien-être profond. Un argument scientifique pour rappeler, s’il en était besoin, qu’un management bienveillant est toujours un moteur fort de QVT et d’engagement.

 

Concluons sur deux idées. La première est que la dépression saisonnière n’a rien d’une fatalité, et qu’il existe plusieurs moyens de combler, au sein de l’entreprise, le manque de lumière impactant certaines personnes en période hivernale. La seconde tient au rôle du management. Il est du ressort des managers d’inciter les salariés souffrant de dépression saisonnière (ou de toute affection psychologique) à consulter, mais aussi de favoriser certaines activités sociales : un déjeuner pris en commun, une sortie collective le midi sont autant d’actions simples à mettre en place, peu coûteuses et efficaces. 

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