le 2 décembre 2016

Ces quatre dernières semaines, la presse et le web se sont intéressés de près aux perceptions et attentes des salariés vis-à-vis de leur travail : premiers résultats de la grande enquête Parlons travail côté prise de parole des salariés, grande journée bien-être au travail à Toulouse côté recommandations d’experts…  Quant au compte de prévention de la pénibilité, il demeure un sujet clivant !

Premiers résultats de l’enquête Parlons travail

Le travail occupe un tiers de nos vies, mais que signifie-t-il pour chacun de nous et comment le vivons-nous ? Lancée par la CFDT, la plus grande enquête interactive sur le travail jamais réalisée en France a dépassé en novembre la barre des 140 000 répondants. Très instructifs, les premiers résultats ont été largement repris et commentés dans la presse.

Mis en exergue sur le site d’une antenne de la CFDT, le premier enseignement de l’enquête n’a rien d’étonnant : 79 % des répondants travaillent « avant tout pour subvenir à leurs besoins ».

Sous le titre « Et sinon, comment ça va au travail ? », l’Usine nouvelle (23 nov) préfère valoriser un chiffre qui constitue une belle surprise : 82 % des Français aiment leur travail. Il faut croire aussi qu’ils lui trouvent du sens, le magazine relevant que 57 % des répondants ont le sentiment de faire un travail utile. L’article pointe aussi que 64 % des salariés n’ont jamais été victimes d’un burnout.

Libération a consacré plusieurs articles aux résultats de l’enquête. Sous le titre « Mes collègues et moi » (23 nov), le quotidien observe qu’il suffit pour 86 % des répondants, « d’un collègue pénible pour rendre le travail invivable »  et, pour 77 % d’entre eux, « d’un collègue sympa pour rendre le travail agréable ». Et qu’au bout du compte, 68 % des Français ont des « relations cordiales avec leurs collègues ». Un autre article de Libé (17 nov) se focalise sur le diagnostic beaucoup plus sévère que portent les répondants sur leur hiérarchie.  Pour 62 %, ils pensent que les promotions sont réservées « à ceux qui savent se faire mousser », et pour 48 % « aux copains de la direction ».  Autre chiffre mis en exergue : 59 % des personnes interrogées pensent que leurs supérieurs ne se soucient pas de leur bien-être.

Le Figaro (3 nov) résume assez bien les premiers résultats de l’enquête par le titre de l’article qu’il consacre à celle-ci : « Les salariés aiment leur entreprise, leur travail, leurs collègues, mais pas leurs chefs ». Le quotidien pointe notamment que 69 % des salariés aiment leur entreprise et 55 % des agents publics leur administration.

Journée bien-être au travail à Toulouse

Le 29 novembre, une journée consacrée au bien-être au travail s’est tenue à Toulouse. Informations, formation, échange et études de cas étaient au programme de cette manifestation centrée sur les thèmes de l’engagement des salariés, du bien-être et de la QVT.

La Dépêche du Midi a, avant l’événement, ouvert ses colonnes à des experts appelés à y participer, comme Olivier Lajous. L’ex-DRH de la Marine nationale évoque dans le quotidien les raisons pour lesquelles il lie le bien-être au travail à un « management exigeant et bienveillant ». Un propos qu’il a par ailleurs développé sur notre propre blog dans une interview publiée en deux parties (le 31 oct et le 8 nov).

Également présent lors de cet événement, Alexandre Jost intervenait en tant que fondateur de La Fabrique Spinoza. Ce think-tank a publié fin octobre les derniers résultats du PIB du Bonheur, dont de nombreux supports tels L’Opinion (28 oct) se sont fait l’écho.

Le compte pénibilité, un sujet toujours clivant

Le compte pénibilité (compte personnel de prévention de la pénibilité) a provoqué, dès l’annonce de sa création en janvier 2014, une levée de boucliers au sein du patronat. L’entrée en vigueur des quatre premiers facteurs en janvier 2015, puis des six autres en juillet 2016, n’a pas atténué la défiance des entreprises vis-à-vis de la mesure, bien au contraire. Comme le titre Boursorama.com (25 oct), « Le bras de fer entre le gouvernement et le patronat » continue. Selon le site, « l’exécutif soupçonne le patronat de jouer la montre en faisant le pari que la droite, revenue au pouvoir, abrogera le compte pénibilité ».

Publié sur le site du gouvernement (21 nov), un rapport sur le compte pénibilité vient d’être remis à Manuel Valls et dresse un premier bilan de la mise en place de la mesure. Un bilan mitigé, comme le relate Miroir Social (25 nov). Selon le site, les auteurs du rapport reconnaissent les atouts du dispositif mais « pointent ses limites, en particulier les facteurs non pris en compte comme les risques psychosociaux, travaux nécessitant une attention soutenue, pénibilité subjective ou liée à l’état de santé précis d’un salarié ».

De son côté, l’Express (25 nov) souligne le faible nombre de référentiels mis en place à ce jour et l’incertitude du coût de la mesure pour les entreprises. L’hebdomadaire cite aussi cet avertissement essentiel du rapport :  » La vraie réussite du C3P serait son extinction, faute de bénéficiaires, du fait de l’efficacité des politiques de prévention développées « . De fait, il semble utile de rappeler que l’idée de départ n’était pas de rémunérer la pénibilité, ce qui serait une approche très cynique de la question, mais de la prévenir.

Rendez-vous dans un mois pour votre revue de presse et du web 100 % QVT, et surtout…  portez-vous bien !

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