le 1 décembre 2015

Engagée, hyperactive mais surtout allergique à la langue de bois : Emmanuelle Duez est l’incarnation de la génération Y. A tout juste 29 ans, elle en a d’ailleurs fait son business en créant « The Boson Project », start-up engagée à faire bouger les lignes dans les entreprises. Comment ? Via le seul levier de transformation qu’elle juge pérenne : les Hommes. Elle nous livre sur le vif ses convictions sur ces « rêveurs » qui veulent changer le monde…

« Il faut que jeunesse se passe »

Pour Emmanuelle, cette expression est symptomatique de notre époque.  « Aujourd’hui, les frictions inter-générationnelles se multiplient ». Pourquoi ? « Les modèles des organisations dîtes « traditionnelles » sont percutés par de nouvelles attentes, de nouveaux comportements, ce qui entraine de multiples incompréhensions et donc de potentielles frictions entre plusieurs populations qui pensent désormais l’organisation de manière très différente ».

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« Une troisième révolution anthropologique est à l’œuvre ».

A cette crispation se greffe un outil, le digital, qui bouleverse les rapports de forces et les modes de vie à l’échelle mondiale, et redistribue les cartes du pouvoir dans l’organisation. « Le numérique a tout bouleversé. Des philosophes comme Michel Serres évoquent même l’idée d’une « troisième révolution anthropologique ». Là où certains voient une formidable opportunité, d’autres la tiennent pour menace. »

 « Les jeunes générations ont le pouvoir de faire bouger les lignes »

Tel est du moins le credo d’Emmanuelle. « Nous croyons au pouvoir de mobilisation de ces Y ». Emmanuelle mise sur des « corporate hackers », collaborateurs internes qui s’engagent aux côtés des équipes de The Boson Project.

«Programmes d’incubations, shadow COMEX et leaderships tournants »

Avec eux, Emmanuelle fait remonter les idées et recommandations concrètes des collaborateurs, elle « démontre à la tête le potentiel réformateur de sa base ». « Nous intervenons à tous les niveaux, depuis la vision stratégique jusqu’à la déclinaison opérationnelle ». Parmi les actions mises en place : universités internes, programmes d’incubations pour des projets collaboratifs, « shadow COMEX », leaderships tournants, etc. « Nous sommes convaincus que tous les collaborateurs ont un rôle à jouer. Nous ne sommes pas là pour les faire rentrer dans le moule, mais, au contraire, pour les aider à en sortir. L’idée est de renverser le sablier hiérarchique ».

« Ils rêvent d’une entreprise plus humaine »

Mais quels modèles proposent les Y en remplacement de l’entreprise traditionnelle ? « Ils rêvent d’une entreprise plus agile, moins hiérarchisée, plus connectée au monde et surtout plus humaine. » Pour Emmanuelle, il ne s’agit pas d’un cliché bobo-parisien, mais d’une réalité qu’elle a éprouvée à la tête de The Boson Project depuis maintenant deux ans. « Nous travaillons avec des usines, des banques, des start-ups du web à Paris et en province, mais aussi à l’étranger : partout, les nouvelles générations veulent voir évoluer les manières de travailler, de collaborer diront-ils, et commencent à le clamer haut et fort ».

« Rêver l’entreprise »

Dernière initiative en date de The Boson Project : « Rêver l’entreprise », une étude nationale co-réalisée avec Capgemini Consulting. Son postulat ? Le rêve et l’entreprise ne sont pas antinomiques. Avec cette étude, Emmanuelle entend démontrer que l’entreprise, si elle veut continuer à attirer et fidéliser les jeunes talents, doit se réenchanter, faire rêver en faisant sens puisque c’est bien de sens dont nous manquons aujourd’hui. « Ces études sont la preuve que nos convictions sont ancrées dans le réel, et nous donnent de la légitimité vis-à-vis de nos clients ».

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« Au fond, on est tous des Y »

Pour Emmanuelle, la génération Y est plus qu’une tranche d’âge, c’est une culture que tout le monde peut s’approprier. « Au fond, on est tous des Y. On a tous envie d’améliorer l’entreprise ». A l’image des particules élémentaires, les bosons, qui l’ont inspiré pour le nom de sa société et de ses membres, Emmanuelle croit au pouvoir du travail collaboratif. « Les Y sont là pour allumer l’étincelle, pour rêver à voix haute. Mais c’est tous ensemble que nous devons faire de leurs aspirations un projet d’entreprise viable ». Le concept de génération Y ne serait au fond qu’un prétexte, le cheval de Troie d’une population active perplexe devant ce que l’entreprise d’aujourd’hui lui propose.

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