le 14 avril 2015

A quelles valeurs personnelles les Français sont-ils attachés ? Lesquelles veulent-ils retrouver dans leur travail ? Telles sont les questions auxquelles répond le baromètre Kea & Partners. Philippe Mondan, directeur associé du cabinet, nous livre les conclusions d’un baromètre utile aux professionnels des ressources humaines.

La cohérence culturelle, ça se mesure !

« Le succès d’une entreprise repose autant sur une stratégie intelligemment conçue que sur une culture forte portée par l’ensemble des collaborateurs ». Telle est la conviction du cabinet de conseil en stratégie et management Kea & Partners. Pour la défendre, le cabinet a créé un baromètre des valeurs des Français, en collaboration avec l’institut américain Barrett Value Centre. Chaque année, il renseigne sur les valeurs que les Français veulent trouver dans leur travail.

« Dirigeant dans le passé, j’ai toujours été très intéressé par le management de la culture, et c’est donc avec enthousiasme que j’ai participé au développement du baromètre », précise Philippe Mondan, ancien Directeur Général de la Fnac, et ancien Président Directeur Général d’Extrapole.

Pour mettre en place son baromètre, Kea & Partners s’appuie sur une enquête en ligne anonyme, envoyée à un échantillon représentatif de la population française de plus de 18 ans. Parmi les questions posées :

– Quelles sont les 10 valeurs qui expriment le mieux vos valeurs personnelles ?
– Quelles sont les 10 valeurs qui dépeignent le mieux le fonctionnement de votre organisation ?
– Quelles sont les 10 valeurs que vous souhaiteriez vivre demain au sein de votre organisation pour qu’elle soit performante?

Pour répondre, la personne interrogée sélectionne 10 mots ou expressions parmi une centaine de propositions positives (collaboration, épanouissement…) ou négatives (bureaucratie, manipulation…).

Les réponses sont ensuite consolidées et analysées par âge, sexe, taille de l’entreprise et type d’emploi (privé, public, étudiant, sans emploi).

« L’une des dimensions intéressantes du baromètre, c’est qu’il mesure le taux d’entropie », détaille Philippe Mondan. Il le définit comme l’indicateur des dysfonctionnements d’une société. Le taux d’entropie se calcule en rapportant le nombre de valeurs négatives exprimées (les valeurs freins), à l’ensemble des valeurs citées.

« Pour qu’une entreprise soit en bonne santé culturelle, son taux d’entropie doit être inférieur à 10%. Au-delà de 40%, les situations critiques commencent », explique le consultant.

Baromètre 2014 : entre désirs et réalité

Philippe Mondan l’affirme, « Les Français sont heureux en entreprise ». Le baromètre 2014 montre que le climat d’entreprise est meilleur que celui de la société. « Les Français déclarent vivre des valeurs beaucoup plus positives au travail (confiance, responsabilité) que dans la société (chômage, insécurité) ».

Hiérarchie et réduction des coûts sont les principales « valeurs freins » dans l’entreprise citées par les Français. Les attentes varient selon le secteur, et les employés du public semblent plus mécontents que ceux du privé. Le taux d’entropie des premiers atteint les 35%, soit 14 points de plus que celui des seconds. « Les salariés du secteur public reprochent à leurs entreprises trop de bureaucratie, de la rétention d’information, de la confusion et de longues journées de travail », commente Philippe Mondan.

D’après le baromètre 2014, les trois valeurs les plus recherchées par les salariés sont l’efficacité dans la communication, la confiance et l’épanouissement. Les femmes attendent plus de respect et de professionnalisme, tandis que les hommes espèrent plus de créativité, d’attitude positive et d’honnêteté.

Les Français sont également de plus en plus nombreux à être attentifs au bien-être en entreprise. C’est notamment la priorité des femmes, qui sont plus de 20% à en souhaiter davantage.

Ce désir de bien-être varie selon la taille de l’entreprise. Dans les grosses structures, plus d’un tiers des salariés disent en manquer, tandis que dans les plus petites, la valeur n’est citée que par 18% des employés. « Plus l’entreprise est grosse, plus le management est compliqué. Les managers sont moins présents, moins à l’écoute des collaborateurs », explique Philippe Mondan.

Performance et cohérence culturelle font la paire

Convaincu de la pertinence de ce baromètre, Philippe Mondan juge que « l’analyse des principales valeurs freins d’une organisation permet la prise de conscience préalable à l’amélioration de sa performance ».

Il ne doute pas de la corrélation entre cohérence culturelle et performance d’entreprise. « Les entreprises qui parviennent à faire diminuer leur taux d’entropie voient leur performance augmenter », affirme Philippe Mondan.

Il s’appuie sur des travaux de l’institut américain Barrett. En mars 2015, l’institut américain a montré que le retour sur investissement des entreprises où il fait bon travailler « The Best Companies to Work For », est quatre fois supérieur au retour sur investissement des 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines par l’indice S&P 500.

L’institut s’est également penché sur le cas de la banque sud-africaine Nedbank. Suite à un programme de travail visant à augmenter la confiance interne de l’entreprise, le taux d’entropie de la Nedbank a baissé pour passer de 25 % en 2005 à 10% en 2012. Sur cette même période, le chiffre d’affaire a doublé et la valeur boursière a augmentée de près de 90%.

« Même s’il existe des entreprises ultra performantes où la culture interne est difficile, à long terme, pour développer leur résilience, elles doivent rassembler leur corps social autour de valeurs communes », conclut Philippe Mondan.

Vous partagez les valeurs de votre entreprise ? Racontez-nous pourquoi vous vous y sentez bien : the-office@wittyfit.com

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