le 7 février 2017

Comment améliorer la qualité de vie au travail ? Trois leviers viennent vite à l’esprit, tous trois représentés dans votre revue de presse et du web QVT : l’organisation de la journée de travail, avec toutes les possibilités – parfois ambiguës – offertes par le digital ; le lieu de travail, avec notamment la remise en cause des bienfaits de l’open space ; et le management, vecteur – ou non – d’engagement et de satisfaction.

La journée de travail de 8 heures au bureau, un modèle à dépasser ?

« Travailler plus souvent chez soi » : c’est, derrière la flexibilité des horaires, le deuxième facteur d’efficacité au travail mentionné par les salariés de bureau ; un quart d’entre eux pratiquent déjà le télétravail, et les deux tiers le souhaiteraient (Ipsos). L’Anact vient de publier un guide sur la question, intitulé « 10 questions sur le télétravail », pour mieux cadrer la pratique, et faire en sorte qu’elle se traduise par une vraie amélioration de la QVT : contraintes juridiques, management, maintien d’un collectif de travail…

La localisation du travail n’est pas tout : que dire de sa durée ? Un article de la plateforme e-RSE fait le point sur une idée un peu à contre-courant de l’actualité du travail en France : et si les salariés étaient plus productifs en travaillant 6 heures par jour ? L’expérience a été tentée en Suède, et la recherche semble établir qu’une journée de 8 heures n’a rien d’optimal : nous sommes efficaces par pics, et non en continu. Travailler au-delà de 8 heures pourrait avoir des conséquences importantes pour la santé. Bref, en n’adaptant pas les horaires de travail à nos rythmes biologiques, on réduit la productivité tout en accroissant le stress et les nuisances.

Travailler à distance sans s’aliéner, réduire le temps de travail en augmentant la productivité… Le numérique peut-il contribuer à résoudre ces équations complexes ? Le 25 janvier se sont tenues les 7e rencontres parlementaires pour la santé au travail, à la Maison de la Chimie. Les Editions Législatives en rendent compte dans cet article. Parmi les sujets abordés, on note « la place grandissante des outils numériques dans la vie professionnelle », avec des conséquences éventuelles en matière de stress au travail. Les salariés sont sensibles aux possibilités du digital, mais souhaitent majoritairement une régulation de son utilisation.

Le lieu de travail : grandeur et décadence de l’open space

Organiser l’espace de travail de façon à optimiser le collaboratif et le bien-être : beaucoup de DRH et d’experts RH se fixent cet objectif. L’open space a, autrefois, été considéré comme un moyen pertinent d’y parvenir. Selon le baromètre OpinionWay/CD&B consacré à la question, tel qu’il est analysé dans Entreprises & Carrières, les salariés en open space (un tiers de l’échantillon) sont pourtant les plus mécontents de leur espace de travail.

Pour améliorer la qualité de vie au travail, certaines entreprises jouent sur d’autres paramètres : LinkedIn, ainsi, joue la carte du design sensoriel. L’objectif est de « créer des bureaux favorisant le bien-être et l’engagement des salariés en stimulant leurs 5 sens ». Avec l’aide d’un cabinet d’architectes, l’entreprise a aménagé ses locaux en créant des espaces différenciés, les uns pour stimuler la concentration, les autres pour favoriser le collaboratif… Cette modularité est d’ailleurs au cœur de la réflexion actuelle sur l’évolution de l’open space, comme le raconte cet autre article d’e-RSE.

Parmi les entreprises qui font du design un levier de qualité de vie au travail, on trouve naturellement les espaces de coworking : attirer des travailleurs est après tout leur métier ! Le Monde en a visité quelques-uns, et poussé également la porte de quelques entreprises qui ont redesigné leur espace de travail.

Le management au service de la QVT

La qualité du management figure parmi les principales sources de satisfaction ou de souffrance au travail. Or, les salariés français figurent parmi les plus désengagés, nous rappelle keljob, à partir des données de la 6e édition de l’Observatoire du management du cabinet OaSys. En cause : le management, qui partage insuffisamment l’information, n’explique pas assez aux collaborateurs leur contribution à l’entreprise, impose un reporting inquisiteur. Un collaborateur sur trois se dit « déboussolé » par son management, titrent d’ailleurs Les Echos, sur la même étude.

Le secret, selon Malene Rydhal, toujours dans les colonnes des Echos, serait à rechercher du côté du Danemark, champion de la satisfaction des salariés. Les grandes entreprises qui réussissent au royaume d’Hamlet se distinguent par leur capacité à fédérer les collaborateurs autour d’un projet véritablement porteur de sens : vaincre le diabète chez Novo Nordisk, développer la créativité des enfants chez Lego, valoriser l’initiative des salariés chez ISS. Outre-Atlantique, la même logique est à l’œuvre dans une entreprise comme Starbucks, lorsqu’elle annonce l’embauche de 10 000 réfugiés en 5 ans : il s’agit de donner aux collaborateurs la fierté d’appartenir à une organisation qui s’engage.

L’universitaire Yasmina Jaïdi évoque sur le site theconversation.com la recherche qu’elle mène sur le management des grandes entreprises françaises. Selon les premiers résultats, il semble que le management « à la française » soit en train d’évoluer dans le bon sens : la culture hiérarchique se détend, la créativité est davantage valorisée, l’humain davantage pris en compte. L’espoir est donc de mise !

FacebookTwitterGoogle+