le 2 juillet 2015

Florence Marache, responsable du programme « Mieux vivre au travail » et animatrice de l’Observatoire de la qualité de vie au travail du groupe public ferroviaire SNCF nous explique ce que fait cet Observatoire pour le bien-être des 250 000 salariés de l’entreprise.

La qualité de vie au travail baisse la « facture cachée du social »

La notion de qualité de vie au travail est rentrée progressivement dans les mentalités du groupe SNCF. Pour Florence Marache, l’élément déclencheur a été la réforme des retraites des régimes spéciaux en 2007. « Suite à la réforme du régime spécial de retraite, un conflit est engagé par les organisations syndicales. A l’occasion des négociations sur la réduction de la pénibilité des métiers, l’entreprise décide de travailler à la réduction à la source des facteurs de pénibilité dans un contexte d’allongement des carrières et de vieillissement des salariés ».

Elle engage dès le départ son travail vers l’objectif de performance globale et durable, et même si le lien entre performance économique et qualité de vie au travail est difficilement quantifiable, le groupe estime que la « facture cachée du social », soit le coût de l’absentéisme, des conflits sociaux, des arrêts maladie ou des accidents de travail peut atteindre 1,5 milliards d’euros.

Pour baisser cette facture, SNCF décide de mesurer le niveau de qualité de vie au travail de ses salariés. En 2009, elle met en place l’Observatoire de l’évolution des conditions de vie au travail, rebaptisé Observatoire de la qualité de vie au travail en 2013.

Des expérimentations locales pour des recommandations globales

« Lieu d’échange et de débat », l’Observatoire de la QVT réunit des partenaires sociaux, des représentants des directions de l’entreprise, de l’action sociale, des médecins du travail, des psychologues,  et des membres de l’ANACT (l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail).

Il s’est fixé comme finalité d’être l’aiguillon de l’entreprise sur tous les sujets relevant de la qualité de vie au travail. Sa méthode repose sur trois principes :

1. agir sur l’amélioration des conditions de travail au niveau local en accompagnant la ligne des établissements pilotes;

2. alimenter des actions de transfert vers l’ensemble des établissements de l’entreprise;

3. alimenter la réflexion des membres de l’Observatoire.

« Quatre fois par an, je réunis les membres de l’Observatoire et nous validons les sujets que nous allons traiter » indique Florence Marache. En avril 2015, l’Observatoire a mis en place un groupe de travail sur le sujet du digital et de la qualité de vie au travail rassemblant opérationnels et experts du numérique». Ces experts mènent des expérimentations, des entretiens et vont formuler des  recommandations.

Deux fois par an, les Rendez-Vous de l’Observatoire rendent compte des analyses des groupes de travail auprès du top management des régions. Elles sont ensuite relayées au sein de l’entreprise par la Direction des Ressources Humaines et le département communication.

L’Observatoire capitalise sur ces expérimentations pour présenter ces travaux à d’autres entreprises, ce qui a été le cas notamment pour l’évaluation des risques psychosociaux.

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