le 6 avril 2017

Il est toujours intéressant de lire des tribunes exprimant un point de vue global sur la QVT, non limité à un seul aspect de celle-ci : en voici trois sélectionnées pour vous. Découvrez également les réactions au second volet du plan QVT de Marisol Touraine pour les professionnels de la santé, dédié aux libéraux. Quant au projet de loi pour un « congé menstruel » en Italie, il constitue le troisième thème de votre revue de presse et du web QVT.

La QVT sur le fond

Si l’intérêt pour la QVT ne cesse de croître, les articles traitant le sujet sur le fond ne sont pas forcément les plus nombreux. Trois tribunes parues ces derniers jours se distinguent en offrant une certaine hauteur de vue.

Pratiquer la QVT sans le savoir

Publiée sur le site de FocusRH (28 mars), une tribune de Gilles Riou part de l’idée que c’est « l’usage nucléaire » du mot RPS qui a fait émerger le concept de QVT dans les entreprises. Et que c’est « à partir de cette approche négative du sujet de la santé au travail, en lien avec l’émergence de thématiques comme […] l’équilibre vie privée / vie professionnelle » qu’a émergé le concept de QVT. Son analyse livre des réflexions méritant d’être méditées, comme celle-ci : « le principal écueil consiste à penser la QVT comme un ensemble de mesures, une liste à la Prévert. […] Il y a là danger que la QVT devienne une antivaleur du travail. »

Promettre le bonheur au travail est-il dangereux ?

Dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post (20 mars), Loïc Hislaire, DRH de la SNCF, livre ses conseils pour favoriser le bien-être au bureau. Constatant que « l’idée que les salariés sont plus efficaces lorsqu’ils sont heureux au travail s’est imposée ces dernières années », il relève les efforts consentis par l’entreprise et encouragés par les pouvoirs publics pour favoriser la QVT. Il met cependant en garde : « Tout comme il faut éviter que le travail soit un lieu de souffrance, il serait dangereux de vouloir y promettre le bonheur ». Ses recommandations insistent sur le rôle crucial de l’organisation.

Disruption et flexibilité

Sur le site du quotidien Les Echos (28 mars), Pierre-André Svetchine s’interroge sur l’irruption de la disruption et de la flexibilité dans les espaces de travail. Rappelant que « la QVT est le critère le plus important au travail pour 41% des salariés », il déroule son point de vue sur l’évolution de l’environnement de travail et la nécessité de répondre à trois impératifs : « comprendre l’espace de travail comme un lieu collaboratif », « rendre l’espace de travail adéquat aux attentes des salariés » et « oser la différence ».

QVT des professionnels de santé libéraux

Le ministre de la Santé avait dévoilé en décembre une stratégie nationale d’amélioration de la QVT des soignants exerçant dans des établissements de santé. Elle a présenté le 21 mars la partie de son plan réservée aux libéraux, qui a logiquement trouvé un fort écho sur les supports spécialisés.

Site dédié à l’actualité infirmière, Actusoin (23 mars) présente les trois axes de la stratégie : améliorer les conditions d’exercice, assurer la sécurité des soignants exerçant en ambulatoire, prévenir et prendre en charge la souffrance au travail. L’article n’est pas critique, mais mentionne « la faiblesse des moyens accordés » dénoncée par les syndicats.

Le site du Journal International de Médecine, ou JIM (22 mars) s’attarde de son côté sur certains points du plan de la Ministre, comme les campagnes de sensibilisation destinées à lutter contre l’autodiagnostic et l’automédication.

Sur le site Pourquoi Docteur (22 mars), le rédacteur conclut une présentation détaillée du plan ministériel en pointant ses faiblesses : « à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, Marisol Touraine n’a précisé ni le calendrier d’action ni le financement pour appliquer les différentes mesures du plan […]. L’occasion pour les médecins libéraux de souligner une nouvelle fois la différence de traitements avec les praticiens hospitaliers. »

Italie : bientôt un congé menstruel ?

Un projet de loi devant prochainement être examiné par le parlement italien a suscité des dizaines d’articles en France : accorder un congé mensuel de trois jours au salariées souffrant de règles douloureuses, ce qui serait une vraie première en Europe. Sans doute une avancée pour la QVT des femmes, mais avec des risques d’impacts négatifs à considérer…

Sur le site de LCI (29 mars), Charlotte Anglade rappelle que « les règles semblent rester taboues en France », mais que nos voisins transalpins ont le mérite de se saisir du problème. La rédactrice souligne que 60 à 90% d’Italiennes sont touchées par la dysménorrhée (règles douloureuses).

Sur son site Temps réel (28 mars), le nouvel Observateur pose « 4 questions » sur le projet de loi, dont une touchant aux « inquiétudes pour l’accès au marché de l’emploi ». La rédactrice souligne la dureté de celui-ci pour les Italiennes, avec seulement 61% d’entre elles qui travaillent contre 72% en moyenne en Europe.

Libération (28 mars) consacre de son côté un article aux pays précurseurs en la matière, tels le Japon dès 1947 ou, plus récemment, la Zambie !

Enfin, sur le site de Ouest France (28 mars), un article alerte sur le fait que les femmes italiennes, souvent abusivement licenciées lorsqu’elles sont enceintes, pourraient en plus pâtir avec cette mesure d’un renforcement des préjugés et stéréotypes.

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